Liens du sang, liens du cœur : la nouvelle famille, entre refuge et réinvention

Dans un monde perçu comme de plus en plus instable, la famille revient au centre. Pas comme une évidence tranquille, mais comme un point d’ancrage. Un refuge émotionnel, un filet de sécurité financier, et parfois aussi un terrain de tensions, de choix et de reconfiguration.

Pour mieux comprendre ce basculement, BETC est à la baguette d’une nouvelle étude Prosumer, publiée dans le cadre des Prosumer Reports 2025. L’enquête a été menée au premier trimestre 2025 auprès de 14 500 personnes (18+), dans 30 pays, en partenariat avec Market Probe International. Parmi elles, 18% sont des Prosumers, ces profils en avance de phase dont les comportements annoncent souvent ceux du grand public 6 à 18 mois plus tard.

La famille, dernier espace vraiment sûr

Malgré les crises et les mutations sociales, une conviction résiste. La famille reste, pour une immense majorité, une source de bonheur et un moteur. 94% des Prosumers déclarent que les moments passés en famille sont une vraie source de bonheur, et 95% la décrivent avant tout comme une force qui les fait avancer.

C’est aussi une protection très concrète. 79% des Prosumers pensent pouvoir compter sur leur famille pour un soutien financier en cas de difficulté. Quand les filets sociaux s’effritent, le “nous” redevient une assurance.

Du sang aux liens, une définition qui s’élargit

L’un des enseignements les plus nets de l’étude, c’est que la famille se définit de moins en moins par la biologie ou le statut, et de plus en plus par l’attachement. 71% des Prosumers estiment que ce qui définit une famille, ce sont d’abord les liens d’amour et d’amitié, contre 29% pour les liens du sang.

Dans cette famille élargie, on voit aussi la place que prennent les relations choisies. Les amis peuvent compter autant que les frères et sœurs dans le sentiment de proximité, et certains vont jusqu’à placer leurs animaux dans la sphère des liens les plus forts.

Tout réinventer, sans lâcher l’idéal

Paradoxalement, cette ouverture cohabite avec une forme de nostalgie. 71% des Prosumers aimeraient voir les “valeurs familiales traditionnelles” reprendre une place plus centrale dans la société. On veut élargir la définition de la famille tout en conservant ce qu’on associe à la stabilité d’hier.

Et l’étude montre aussi l’envers du décor. 37% des Prosumers disent avoir coupé les ponts avec un membre de leur famille parce qu’ils ne partageaient pas les mêmes valeurs. La famille est un refuge, mais elle n’est pas intouchable.

Nouvelle parentalité, nouvelles pressions

Être parent reste largement associé à la joie, mais la charge mentale et la pression sociale s’intensifient. 80% des Prosumers décrivent la parentalité comme une source de bonheur et de satisfaction, tandis que 43% la décrivent aussi comme une responsabilité trop grande.

Certains rituels ressortent comme essentiels, notamment le repas. 89% des Prosumers considèrent que manger ensemble à table est un rituel clé pour rassembler la famille, et 82% disent trouver triste que les familles ne partagent plus assez de repas ensemble.

Le rôle des marques, sans se substituer

Cette étude met en évidence trois grands mouvements qui intéressent directement les marques. La famille se réinvente, la parentalité se transforme, et les points de pression s’accumulent. Pour les marques, l’enjeu n’est pas de “prendre la place” de la famille, mais d’aider à réduire la friction du quotidien. En redonnant du contrôle aux parents, en recréant des moments partagés, ou en soutenant l’autonomie financière des foyers.

Pour en savoir plus ou échanger avec l’équipe à l’origine de l’étude : Sébastien Houdusse et Clément Boisseau (Global Strategy Directors) - contact indiqué dans le rapport.