AUTHORITY VS. FREEDOM : entre besoin d’ordre et refus de renoncer à nos libertés
Nous vivons une période de “polycrise”, où plusieurs crises se superposent et nourrissent une sensation de confusion, d’insécurité et d’incertitude
Dans ce contexte, une tension grandit partout. D’un côté, le désir de liberté. De l’autre, la demande de règles, de structure et d’autorité pour remettre de l’ordre.
Pour éclairer ce tiraillement, BETC est à la baguette d’une nouvelle étude Prosumer 2025 (Prosumer Reports), menée au premier trimestre 2025 auprès de 14 500 adultes (18+) dans 30 pays, en partenariat avec Market Probe International. L’échantillon intègre 18% de Prosumers, ces profils “leading edge” qui influencent le marché et dont les comportements annoncent souvent ceux du grand public 6 à 18 mois plus tard.
Une envie d’autorité… sans confiance
Premier paradoxe mis en lumière par l’étude : beaucoup de consommateurs se disent prêts à accepter davantage d’autorité, tout en exprimant une défiance envers celles et ceux qui l’exercent. La recherche montre aussi une aspiration très forte à des réponses claires et à davantage de certitude, alors même que la confiance se raréfie.
Plus troublant encore, une part non négligeable des opinions se tourne vers des formes de gouvernance plus dures. Près de 4 Prosumers sur 10 considèrent qu’un gouvernement fort et autoritaire peut être plus efficace qu’une démocratie pour résoudre les grands problèmes.
Liberté comme valeur, contrôle comme réflexe
La liberté reste un socle. 83% des Prosumers se disent profondément attachés à la liberté individuelle.
Mais cette conviction cohabite avec une peur du désordre. 46% des Prosumers estiment que leur pays irait mieux si le gouvernement exerçait plus d’autorité. Et l’idée que “trop de liberté” peut mener au chaos progresse, notamment chez les plus jeunes.
Des restrictions ciblées, surtout sur la sécurité et l’immigration
Quand les répondants demandent davantage de fermeté, ce n’est pas sur tous les sujets. Les attentes de régulation se concentrent d’abord sur la sécurité et l’immigration. 61% des Prosumers souhaitent des lois plus strictes en matière de sécurité, et 43% sur l’immigration. Dans le même mouvement, une partie importante se dit prête à accepter une perte de liberté si cela garantit la sécurité.
La liberté d’expression, ligne rouge mondiale
Au milieu de cette recherche d’ordre, certaines libertés restent non négociables. La plus essentielle, de très loin, est la liberté d’expression, citée par 65% des Prosumers.
Mais là encore, les positions se divisent quand il s’agit de ses limites. Une majorité pense que la liberté d’expression s’arrête quand elle provoque ou offense. Et sur la régulation d’internet, le monde se coupe presque en deux entre ceux qui y voient une nécessité et ceux qui y voient de la censure.
Ce que ça change pour les marques
Dans un monde qui réclame plus de contrôle tout en refusant d’abandonner ses libertés, les marques avancent sur une ligne de crête. L’étude montre aussi qu’elles peuvent devenir des repères quand les figures “de confiance” manquent, à condition de proposer une vision claire et crédible d’un futur plus stable.
En parallèle, la pression monte sur les écosystèmes d’influence et sur la responsabilité des entreprises. 71% des Prosumers souhaitent une régulation plus stricte de ce que les influenceurs peuvent faire. Et 79% estiment qu’il devrait être interdit aux marques de vendre des produits nocifs pour la santé, avec un soutien important à l’idée d’interdire la publicité pour la junk food.
Pour en savoir plus ou échanger avec l’équipe à l’origine de l’étude : Sébastien Houdusse (Global Strategy Director). - contact indiqué dans le rapport.